Article 1 : Introduction au QiGong

Par Johanne Tourville
Naturothérapeute
Praticienne de QiGong depuis 25 ans.
johanne.tourville@gmail.com

C’est en premier, la maladie qui m’a conduite vers le Qi Gong. Par la suite c’est la santé. Et oui, avoir recouvré la santé avec cette pratique fut une libération. Libération de médicaments en premier et libération du stress de vivre. Atteinte de polyarthrite rhumatoïde généralisée, le QiGong fut une découverte sensationnelle.

Cette gymnastique chinoise de santé est composée de mouvements énergétiques qui ont pour but d’équilibrer les énergies Yin et Yan dans le corps, de faire circuler et tonifier l’Énergie vitale, le QI. La maladie est attribuée, entre autres, à un déséquilibre ou une interruption de la circulation du QI. La pratique du Qi Gong maintient cette énergie QI et corrige le déséquilibre.

Le Qi Gong est composé d’un ensemble d’exercices souples, lents et fluides, qui, associés à une respiration rythmée et une concentration de l’esprit, permet d’acquérir une conscience globale du corps et d’entretenir sa santé par une prise en charge personnelle. Ouf… on respire pour mieux comprendre… Dans les faits, le Qi Gong n’est pas une simple gymnastique, mais bel et bien un mode de vie, une philosophie de vie.

Tout comme les divers autres aspects de la médecine traditionnelle chinoise, le Qi Gong est utilisé pour améliorer la santé et l’harmonie interne des organes. Sa pratique renforce les articulations, les organes internes, assouplit les muscles, etc… Le Qi Gong, est une gymnastique dynamisante par son action stimulante au niveau de la circulation de l’énergie dans les méridiens de l’acupuncture et relaxante par son effet anti-stress grâce aux mouvements respiratoires qui calment l’esprit. Des mouvements de relâchement musculaire sont aussi remarqués.

Les méridiens d’acupuncture.

Au contraire des organes, les méridiens ne sont pas visibles à l’intérieur de notre corps.
Imaginons des lignes très fines comme des fils de soie, invisibles à l’œil nu, sur lesquels se succèdent des vaisseaux contenant un précieux fluide, lui aussi invisible, doté de mouvement c’est-à-dire de l’énergie vitale, le QI. Les méridiens sont comme des fils électriques conducteurs liés aux organes.

On en compte douze principaux et deux vaisseaux secondaires. Je ne veux pas m’avancer trop loin dans la description qui s’y rattache. Il faut simplement retenir que tout comme le système de circulation sanguine, il existe un système de circulation d’énergie. Le Qi Gong, l’acupuncture et l’accu pression s’y réfèrent.

La stimulation de points précis, géométriquement répertoriés sur ces méridiens, ou le massage des méridiens, permet à l’énergie de se diriger vers les organes qui y sont reliés, offrant ainsi un accroissement d’énergie permettant une meilleure circulation, une meilleure oxygénation, etc. Le Qi Gong permet l’autogestion de cette énergie.

Les trois axes de travail en Qi Gong sont : les mouvements, la respiration, et la concentration de l’esprit.

Les mouvements

Les exercices lents et souples (traditionnels chinois, le Tai Chi s’y réfère) permettent de mobiliser consciemment la circulation de l’énergie au lieu de se laisser dominer par des contractions involontaires liées au stress. Ces mouvements favorisent le relâchement des tensions musculaires. Ils étirent et tonifient les muscles, apaisent le cœur, évacuent la fatigue physique et renforcent les articulations, le fonctionnement des organes internes ainsi que le système immunitaire.

La pratique du Qi Gong permet à chacun d’acquérir une meilleure compréhension de soi par l’écoute de son corps et la découverte de nouvelles sensations reliées au mouvement.

En exemple, la sensation d’enracinement par les pieds au sol et la légèreté par la sensation d’envol ressentie dans le haut du corps est remarquable. Les sensations de vide (Yin) et de plein (Yang) étonnent. La stimulation de l’énergie Yang qui descend du Ciel sur l’arrière du corps et de l’énergie Yin qui monte de la Terre sur l’avant du corps est surprenante. Le massage des méridiens se fait naturellement. Et que dire de la rotation des bras, de la colonne vertébrale, de la tête, faite à la fois en douceur et fermeté. Il est à remarquer la fluidité dans l’enchaînement des exercices, l’harmonie entre les mouvements et la respiration, élément qui, après peu de pratique devient spontané et, chose impressionnante, les mouvements lents et souples qui font circuler l’Énergie jusqu’au bout des doigts.

Chaque pratiquant évolue à son rythme selon ses capacités physiques et en fonction de ses attentes (enrichissement personnel, découverte et mémorisation d’une méthode, désir de retrouver un équilibre physique ou psychologique, recentrage des émotions, entretien de la santé, ou simplement le plaisir de pratiquer seul ou en groupe.). La pratique régulière permet d’observer des effets physiques et physiologiques sur le corps humain.

Depuis 2008, j’offre avec mon partenaire Qi Gong, Pablo Terencio, des ateliers d’initiation au Qi Gong à l’Hôtellerie de la Fondation Québécoise du Cancer de Trois-Rivières. Ces ateliers sont fort appréciés.

Pourquoi attendre d’être malade pour pratiquer le Qi Gong alors que la santé s’y réfère naturellement. Au cours des prochains articles vous y retrouvez des exercices, des conseils, des photos, des techniques et cette philosophie si particulière qui se dégage de la pratique du Qi Gong.

Prochaine chronique : la respiration dans le QiGong